Boire beaucoup d’eau (je répète de l’eau), surtout en période de canicule ou de chaleur, c’est le premier bon réflexe santé. Mais comment concilier les litres d’eau qu’on ingère et une soif de protéger la planète ? Face à la méfiance grandissante concernant l’eau du robinet ( soupçonnée de conserver des nitrates, pesticides, résidus d’hormones…) et la volonté d’éviter de couvrir la planète de bouteilles en plastique, l’écocitoyen se retrouve face à un dilemme compliqué. Que boire sans vider son portefeuille et ruiner sa santé ? Carafes filtrantes, eau osmosée, eau en vrac, de multiples solutions ont émergé dernièrement. Pas forcément utiles ou écologiques d’ailleurs. C’est un des points soulignés par le hors-série de 60 millions de consommateurs paru en 2018. 

Les carafes filtrantes

Pour éviter de se faire les muscles à chaque course avec des packs d’eau et pour limiter leurs déchets plastiques, beaucoup investissent dans une carafe filtrante.
Comment cela fonctionne ? Une cartouche à charbon actif absorbe le chlore et les résidus organiques.
Problème : si on veut ne pas que le filtre ne se transforme en nid à microbes, il faut changer cette cartouche toutes les quatre semaines pour les carafes, tous les trois mois pour les filtres à robinet, rappelle le hors-série de 60 Millions de consommateurs.

L’autre bon réflexe consiste à changer l’eau très régulièrement, au moins tous les jours, car « le filtre neutralise le chlore censé protéger l’eau des bactéries », rappelle Adeline Trégouët, rédactrice en chef déléguée chez 60 millions de consommateurs.

L’eau osmosée : arnaque et dangers

Plus récemment, certains équipent leur domicile d’osmoseurs. Des appareils à placer sous l’évier pour filtrer l’eau. Une eau osmosée que l’on peut aussi se procurer dans certains magasins bio « en vrac », tout comme les céréales. Chacun peut apporter son récipient à remplir de cette eau totalement pure. Trop, même. Cette eau a subi un procédé nommé osmose inverse : après une filtration, les molécules d’eau traversent une membrane qui retient les pesticides, les nitrates, le plomb… mais aussi les sels minéraux. « Si cette eau extrêmement filtrée est débarrassée des polluants, elle prive aussi de minéraux essentiels notamment calcium et magnésium », prévient Adeline Trégouët. Des apports encore plus fondamentaux pour des personnes qui ne boivent pas de lait, allergiques ou végétaliens.

En s’appuyant sur une analyse exclusive de plusieurs eaux osmosées, 60 Millions de consommateurs n’y va pas par quatre chemins : « La consommation d’une eau osmosée est à déconseiller étant donné les risques de carence en minéraux et la plus grande contamination potentielle par des germes. » Car les filtres, mal nettoyés, sont pourvoyeurs de bactéries.

Autre paradoxe : « Ce procédé est un désastre écologique. Pour obtenir un litre d’eau osmosée, il faut 3 à 7 litres d’eau, car on va asperger à haute pression la membrane qui sert de filtre », reprend Adeline Trégouët. On vous laisse faire le calcul sur l’année du gâchis d’eau… Et cette eau hyper pure a également un coût : selon le magazine de l’Institut national de la consommation, ces appareils pour filtrer l’eau du robinet peuvent atteindre entre 1 000 et 3 000 euros.